À la Table Maison Hand

La table maison Hand

Je déteste les effets de mode. C’est la raison pour laquelle j’attends toujours avant de pousser la porte d’un nouveau restaurant. J’ai patienté, donc, pour venir découvrir La Table de Maison Hand, 12 rue d’Ambroise à Lyon, dans le 2earrondissement et trouver une perle rare.

Quand on me demande quels restaurants j’apprécie, j’ai toujours beaucoup de mal à définir ce qui me plaît vraiment. C’est difficile à expliquer. Je sais ce que je n’aime pas — ou plus ! Comme les restaurants où il faut aller, «parce qu’il y a de l’ambiance» plus que pour l’assiette. Ou ceux où l’on doit se triturer le cerveau pour «comprendre le propos du chef» …

Dès mon arrivée, j’ai compris que tout était résumé dans l’énoncé. La Table d’abord. Ronde, bien mise, dorée et nappée de cuir. Bordée de banquettes confortables remplies de coussins de lin. Je me suis tout de suite sentie comme à la Maison.

En pure Lyonnaise, j’affectionne particulièrement ces petits canis (bistro ou bar en patois local). L’adresse est nichée juste derrière la superbe place des Célestins, en plein cœur de la ville et la configuration des lieux correspond à celle de la plupart des bouchons. Deux lignes de tables-banquettes au rez-de-chaussée, au fond la cuisine puis un escalier qui dessert un étage. 

Du cani traditionnel, il ne reste plus que l’espace, complètement habillé par les hôtes, éminents décorateurs, qui ont décliné ici leurs plus beaux cahiers de tendances. Ce n’est pas décoré. C’est mieux. De la matière à l’état brut. Zéliges, zinc, cuir, lin. On a envie de tout toucher. 

De l’intitulé du restaurant, je vous parlais…

La table et la maison, je vous ai expliqué. Reste la main (Hand en anglais) à illustrer. Ces mains de cuisinier qui s’activent juste là, à côté, en cuisine, à moitié cachées par un rideau noren en lin noir à deux pans, comme dans un restaurant japonais. 

La carte est sobre et droit au but. Elle propose les envies fraîchement cueillies au marché. L’accueil est chaleureux et on entre très vite en matière. Je commande, pour commencer, une salade de fenouil. Pour suivre, le plat végétarien du jour à base d’aubergine rôtie et de boulgour.

Pour ces professionnels de la décoration haute couture, s’essayer au nouveau métier de l’hospitalité pouvait être risqué. Parce que l’on ne devient pas restaurateur en claquant des doigts et, tout comme savoir mener un chantier, le métier répond à des codes et à un savoir-faire précis.

L’essai est transformé.

Les plats s’enchaînent. Parfaits. Étonnants. Différents. Équilibrés. C’est bon. Vraiment bon. On est bien. Confortablement assis. La lumière est belle. Le vin est délicieux. Les gens discutent. Les casseroles tintinnabulent. Le patron s’affaire. L’espace d’un instant, je retrouve l’essence naturelle des restaurants de mon enfance. De ceux qui savent accueillir, réconforter et nourrir.

D’effet de mode, il n’y en a aucun. On est dans le vrai, dans l’efficace, dans l’authentique, dans la matière. 

La prouesse de la Table Maison Hand, c’est de réussir à imposer sa vision de l’hospitalité. Les maîtres des lieux ont réussi à résumer avec sobriété tout le nuancier glané au gré de leurs voyages et à étaler devant nous les échantillons des découvertes et coups de cœur qu’ils ont rapportés dans leurs bagages.

On retrouve des effluves du bassin méditerranéen, un intérêt pour le végétal et une envie de briser les codes et de gommer les frontières. D’ailleurs, on n’est plus vraiment à Lyon. L’espace d’un déjeuner, je me suis envolée. Transportée dans un quartier chic de Beyrouth… Attablée à une tavola calda lovée derrière le Panthéon à Rome. En train de manger dans Ginza, à Tokyo. Ou quelque part à Copenhague. 

Comme point final à ce repas : une tarte Tatin parfaitement exécutée et un délicieux café.

J’ai mis quelques jours avant de vous en parler et, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé la Table Maison Hand. C’est beau. C’est bon. C’est différent. C’est là. C’est comme ça. Ça ne transige pas. Cela en déconcertera sans doute plus d’un, mais ce n’est pas grave. Il y aura toujours suffisamment de gens pour apprécier ce qui est.

Alors, quand on me demandera désormais quel genre de restaurant j’aime, je citerai sans hésiter la Table Maison Hand. Parce que — enfin ! — j’ai pu passer simplement un moment tranquille et goûter à l’intelligence.

Qu’est ce que l’on pique à la Maison Table Hand ?

L’association fenouil cru + estragon qui fonctionne à merveille (oui, il y a de l’estragon à l’intérieur, et de la coriandre sur le dessus). Pas mal non plus l’ajout de grenade fraîche et croquante.

Le craquant apporté à la Tatin en écrasant dessus des crêpes dentelles (ou Gavottes). C’est beau et super sympa sous la dent.

Suivez-les sur Instagram @latablemaisonhand ou sur internet www.maison-hand.com

Crédit photo @Delphinn – Photographie de couverture et portrait : source www.maison–hand.com

2 comments

  1. Eh bien ça donne envie de découvrir cette table … pour notre prochain passage à Lyon !

    Ça donne aussi envie de te lire plus souvent … quelle plume … à quand Ton ouvrage à toi, sans traductions, juste Tes émotions et tes mots si bien accordés !???

    Big bisous !!! Comme disait Carlos …

    1. Merci Carlos euh… David ! Ton message me touche beaucoup. Oui il faut découvrir cette adresse ! Je prends note et vais écrire plus souvent ! 😉 Big Bisou Big Bisou (la chanson que tu as du mal à enlever de ta tête une fois que tu commences).

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