Il faut un début à tout…

« La journée du cuisinier présentée par Paul Bocuse » aux éditions Etudes Vivantes (1ère édition 1980)

C’est par ce livre que tout à commencé. « La journée du cuisinier présentée par Paul Bocuse » aux éditions Etudes Vivantes (paru en 1980).

Je ne saurais dire si ce cadeau était guidé par la tradition lyonnaise dans laquelle j’ai été élevée ou s’il répondait déjà à ma passion naissante pour la cuisine. C’était au tout début des années 80, à un âge où il me fallait trainer la lourde chaise en bois de la salle à manger jusque devant la cuisinière pour pouvoir officier. Je me rappelle que la mise en place était très longue pour, au final, de bien maigres résultats… Mais la volonté d’y arriver coûte que coûte me poussait à continuer. « Vingt fois sur le métier remettre l’ouvrage »… Je passais des heures dans les jambes de ma grand-mère, qui concoctait les repas, toujours vêtue de son tablier bleu. Je scrutais les gestes et mémorisais les ingrédients.

« Monder« , « fleurer« , « bucler« , certains mots me semblaient totalement barbares mais je les emmagasinais, persuadée que dans ce lexique culinaire je saurai trouver plus tard la clef de ma future réussite aux fourneaux. Les années passant, je n’avais plus besoin de la chaise comme escabeau et étendais ma curiosité aux arts de la table. J’aimais beaucoup confectionner moi-même les menus en mode parchemin. Je maîtrisais parfaitement la technique qui consiste à brûler les bords du papier en soufflant très vite pour obtenir un effet feuillet vieilli (du meilleur goût à moins de ne tenir une taverne médiévale). Adolescente, je préférais me concentrer sur quelques recettes que je connaissais par coeur et qui me permettaient d’assurer facilement. rétrospectivement, je ne sais pas comment ma famille a toléré la répétition incessante de tartes Tatin… A l’approche des résultats du bac je lorgnais le bulletin d’inscription à l’Institut Paul Bocuse, pour finalement opter pour des études de langues, ma deuxième passion. Ce n’est que plusieurs années plus tard que j’ai pu allier les deux en devenant interprète et traductrice spécialisée dans le domaine de la gastronomie.

Souvent mes amis et les chefs avec lesquels je travaille me disent : « tu devrais écrire un blog Delphine ». C’est vrai, pourquoi pas… Je pourrais y partager mes coups de coeur, mes rencontres, et les recherches que je mène. Seulement voilà, pour écrire un blog, il faut un commencement.

Il y a quelques jours, j’ai entrepris un grand rangement de pré-printemps, et j’ai ouvert un carton qui traînait là sans inscription. Au milieu des bibelots, emmailloté dans le tablier bleu de Mamie, j’ai retrouvé mon premier livre de Paul Bocuse. La joie qui m’a transportée quand je l’ai ouvert était immense. En quelques minutes, tout m’est revenu, le marché Saint-Jean, les Halles de Lyon, mon premier dîner chez Monsieur Paul et la visite de ses cuisines au milieu de la brigade qui s’affaire… Là debout devant mon carton de déménagement éventré, j’avais de nouveau 6 ans et ma flamme pour la gastronomie intacte.

J’ai alors enfilé le tablier en grosse toile de Nîmes et avec mon allure de chef hipster je me suis dit que j’allais commencé ce blog car désormais je tenais mon commencement.

Bienvenue chez Delphinn !

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